Comprendre comment l'administration fiscale utilise vos publications en ligne
Depuis quelques années, l’administration fiscale a élargi sa palette d’outils pour détecter d’éventuelles fraudes. Aujourd’hui, même vos publications sur les réseaux sociaux peuvent fournir des indices. Mais jusqu’où l’administration fiscale peut-elle aller ?
Depuis 2021, l’administration fiscale a le droit de collecter et d’exploiter des contenus librement accessibles sur Internet à l’aide de traitements informatisés et automatisés.
Cela inclut tout ce qui est public sur des plateformes comme :
Les données collectées en ligne permettent à l’administration fiscale d’établir la preuve d'infractions de fraude fiscale, telles que :
Cependant, l’administration fiscale n’était pas autorisée, jusqu’à présent, à collecter des données qui n’étaient pas librement accessibles sur internet. Cela concernait les sites ou les plateformes protégées par un mot de passe ou accessibles uniquement après inscription.
Avec l’article 112 de la Loi de Finances pour 2024, l’administration fiscale franchit un cap : elle peut désormais aller plus loin dans la collecte d’informations en ligne.
Les agents fiscaux peuvent désormais :
Exemple : Accès à des groupes privés Facebook ou à des profils Instagram limités.
Exemple : Poser des questions dans un forum ou commenter un post pour obtenir plus d’informations.
Ces nouvelles pratiques sont prévues par le nouvel article L10-0 AD du Livre des Procédures Fiscales
Les réseaux sociaux ne servent pas uniquement pour détecter des infractions de fraude fiscale. Ils sont également exploités dans le cadre des contrôles fiscaux, notamment ceux portant sur des activités internationales.
Le profil LinkedIn d’un salarié peut révéler des responsabilités ou des missions différentes de celles déclarées par l’entreprise.
Si une personne déclare travailler à Londres mais que son activité sur LinkedIn montre une présence majoritaire en France, cela peut attirer l’attention de l’administration fiscale.
En dehors des cas de fraude fiscale, les éléments collectés en ligne ne peuvent pas être utilisés en tant que tels comme des preuves suffisantes par l’administration fiscale. Cependant ils constituent des faisceaux d’indices. Il revient ensuite à l'entreprise vérifiée de prouver le contraire.
L’administration fiscale s’adapte aux nouveaux usages numériques.
Voici quelques conseils pour éviter de vous retrouver dans une situation inconfortable lors d’un contrôle fiscal :